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Sous-location en Suisse : autorisation, refus et révocation

Rédaction Trygva

Rédaction Trygva

Experts en droit du bail

25. Mai 202610 min temps de lecture
Sous-location en Suisse : autorisation, refus et révocation

Sous-location en Suisse

La sous-location (sous-bail) est régie par CO art. 262 : le locataire principal a le droit de sous-louer avec l'accord du bailleur, qui ne peut refuser qu'à titre exceptionnel.

1. Bases légales (CO art. 262)

> "Le locataire peut sous-louer tout ou partie de la chose avec le consentement du bailleur. Le bailleur ne peut refuser son consentement que : > a) si le locataire refuse de communiquer les conditions de la sous-location ; > b) si les conditions de la sous-location, comparées à celles du contrat principal, sont abusives ; > c) si la sous-location présente pour le bailleur des inconvénients majeurs."

2. Motifs de refus admissibles

a) Refus de communiquer les conditions

  • Le locataire ne donne pas les détails (loyer, durée, identité du sous-locataire)
  • → Refus légitime

b) Conditions abusives

  • Loyer du sous-locataire >> loyer principal (Wucher)
  • Frais d'agence excessifs imposés
  • → Refus légitime (Tribunal fédéral protège du marchandage)

c) Inconvénients majeurs

  • Surpopulation (5 personnes dans 50 m²)
  • Activité gênante (atelier bruyant)
  • Personne en conflit notoire avec voisinage
  • → Refus légitime (cas par cas)

3. Motifs de refus NON admissibles

❌ Le bailleur "ne veut pas" ❌ Discrimination (origine, religion, situation familiale) ❌ Refus pour augmenter le loyer principal ❌ Refus systématique sans motif

4. Procédure côté bailleur

Si demande d'autorisation reçue

  • Vérifier les conditions (loyer, durée, sous-locataire)
  • Évaluer les inconvénients (population, activité, conflits)
  • Répondre par écrit dans un délai raisonnable (2-4 semaines)
  • Motiver clairement en cas de refus
  • Si sous-location non autorisée constatée

  • Mise en demeure au locataire principal
  • Délai 30 jours pour mettre fin
  • Si pas d'effet : résiliation extraordinaire (CO art. 257f)
  • 5. Cas Airbnb / locations courtes

    Question : Une location Airbnb relève-t-elle de CO art. 262 ? Réponse Tribunal fédéral (ATF 4A_172/2016) : OUI, c'est une sous-location.

    Conséquences pour bailleur :

    • Souvent refusable (rotation rapide = inconvénient majeur)
    • Sublease courte = conditions abusives plus probable
    • Mise en demeure + résiliation possible

    6. Indices d'une sous-location non autorisée

    • Boîte aux lettres avec nom étranger
    • Plaque sonnette modifiée
    • Consommation eau/électricité disproportionnée
    • Annonces en ligne (Airbnb, Booking, ImmoScout)
    • Voisins signalent des locataires différents

    7. Preuves à rassembler

    • ✅ Photos datées de la boîte aux lettres / sonnette
    • ✅ Témoignages des voisins
    • ✅ Captures d'écran des annonces en ligne
    • ✅ Auscultation du registre des habitants (admin communale)
    • ✅ Factures de consommation anormales

    8. Erreurs à éviter

  • ❌ Contact direct avec le sous-locataire → confusion juridique possible
  • ❌ Auto-justice (changer la serrure) → délit pénal
  • ❌ Résiliation immédiate sans mise en demeure → invalide
  • ❌ Ignorer Airbnb → perte de loyer + responsabilité co-propriété
  • 9. Liens internes

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    Article rédactionnel. Pas de conseil juridique.

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